Il faut faire la place au BYOD (Bring Your Own Device) et faire en sorte que les enseignants se l’approprie en classe inversée. | Forum

RLuc
RLuc Décembre 25 '17

Pourquoi faut-il absolument mettre en place le BYOD (Bring Your Own Device) c’est-à-dire accepter l’usage du smartphone à l’école comme nouvel outil pédagogique ?

Procédons à un petit résumé certes simpliste mais explicite !


Depuis la révolution industrielle l’Education Nationale a utilisé comme modèle de formation un système reproduisant celui utilisé dans une chaîne de montage. L’organisation même d’une salle de classe est « normalisée ». Elle reproduit, un peu comme en usine, un alignement de tables pour les élèves qui font ainsi face à un tableau et à un enseignant qui au départ était même systématiquement installé sur une estrade pour assoir son autorité de « cadre ».

Pour « rentabiliser » ce système, en minimiser le coût et faire des économies d’échelle l’EN en a formaté le modèle au niveau national. Ainsi l’école de la république suit les mêmes programmes pour tous et prodigue ses enseignements en s’appuyant sur des personnels issus d’une même formation en Ecole Normale. Initialement on a même été jusqu’à les appeler les « hussards noirs de la république ».

Le système a globalement tenu ses objectifs de résultats tant qu’il s’est adressé à un nombre restreint d’élèves sélectionnés par le « certificat d’études » en fin d’école primaire. Le nombre de bacheliers étaient beaucoup moins important que maintenant et il va de soi qu’il s’agissait d’enfants en énorme majorité issus des classes sociales favorisées.

Les événements sociaux ensuite ont fait voler en éclat cette sélection sociale en poussant l’EN à instaurer le « collège unique ». Cette explosion démographique nécessaire et justifiée du nombre d’élèves à prendre en charge au collège et qui coute de plus en plus chère à l’état a structurellement provoqué petit à petit l’accroissement constant du nombre d’élèves par classe au fil des années.

Devant la pression sociale et pour masquer une forme de faillite du système l’EN, une nouvelle fois, a trouvé une parade en imposant aux enseignants depuis plus de dix ans de maintenant dispenser un enseignement « personnalisé ». Mais en parallèle l’EN n’a pas anticipé une forme de ghettoïsation de certains quartiers ou de certaines zones rurales. Il s’est ainsi installé petit à petit une « école à deux vitesses » que l’institution cherche à prendre en compte avec les « zones prioritaires ».

Maintenant le budget de l’EN tout en augmentant régulièrement ne suffit plus pour assurer le développement et le renouvellement en équipement de ses établissements scolaires. La décentralisation qui devait l’y aider ne remplit pas son rôle avec des collectivités territoriales qui croulent sous le poids des charges consacrées aux aides sociales. Or l’école arrive maintenant à devoir encaisser un enjeu encore plus important avec l’évolution numérique et la prise en compte du développement de l’intelligence artificielle.

Ces nouvelles technologies sont chronophages en termes d’évolution des matériels. Les spécialistes s’accordent à dire qu’il faut prévoir le renouvellement d’un parc informatique tous les 18 mois car l’évolution technologique est maintenant exponentielle. Plus personne ne peut financièrement suivre le mouvement. Il faut donc en revoir le modèle économique.

Jusqu’à maintenant tout élève se doit de disposer d’une calculatrice dans son cartable pour répondre à la demande de l’école. En même temps chaque élève a dans la poche un smartphone dont l’utilité est jugée nécessaire par la famille qui n’hésite pas à le renouveler à la moindre casse ou production du dernier modèle. Il y a encore peu l’ordinateur familial permettait l’accès à INTERNET et donc aux formations en ligne les MOOC.

C’est au tour maintenant de ce smartphone de remplir cette fonction d’accession aux savoirs et aux compétences. C’est l’occasion aussi de développer la pédagogie de la « classe inversée » qui sera la solution du XXI ième siècle qui permettra aux enseignants de personnaliser l’enseignement pour chaque élève et ainsi de véritablement lutter contre le décrochage scolaire. Il faut faire la place au BYOD (Bring Your Own Device) et faire en sorte que les enseignants se l’approprie.